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Surdité,
audition et langage |
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| 01 |
Chez l'enfant
entendant |
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Pour s'exprimer - par oral ou par écrit - il
faut d'abord avoir perçu les mots, en avoir compris
le sens, les réemployer ensuite à bon
escient.
Le jeune entendant qui peut percevoir sans défaillance
les mots prononcés autour de lui, va progressivement
à la découverte de la langue qu'on lui
parle. Il la comprend lorsque les mots qu'il perçoit
sont associés aux épisodes de la vie courante,
aux jeux, etc
" Coucou ! On va se promener ! On va d'abord ranger
les jouets dans la caisse à jouets. Tu veux ton
ballon ? Tiens ! "
Il découvre ainsi progressivement le sens des
mots si souvent répétés dans la
vie de tous les jours. Il peut identifier les moindres
éléments de la vie de la langue. Personne
n'enseigne la langue maternelle à un enfant entendant
! Il découvre tout seul comment s'ordonnent les
mots, comment on marque le genre des noms (masculin,
féminin), le singulier ou le pluriel (le / les)
etc...
Quand il se met à parler, l'enfant entendant
n'invente rien : il réemploie ce qu'il a d'abord
perçu puis compris.
Parler n'est que la troisième étape qui
suit le couple "Compéhension-Perception"
: compréhension de la langue assurée
par la perception.
La maîtrise d'une langue, en compréhension
et en expression, n'est que la " pointe émergée
de l'iceberg ", la conséquence d'une série
d'activités incontournables, dépendantes
les unes des autres :
> identifier les éléments de la langue
> comprendre leur sens
> découvrir les règles d'organisations
de ces éléments
> comprendre tout énoncé et savoir
le produire (par oral ou par écrit).
La réalisation des dernières étapes
(comprendre le sens des mots, comprendre comment ces
mots sont reliés les uns aux autres, puis produire
des énoncés) met en jeu des compétences
intellectuelles variées que l'enfant ne peut
effectuer que s'il a bien perçu les éléments
de la langue. Tout l'édifice linguistique repose
sur cette identification première. Si ce plancher
de la construction de la langue reste défaillant,
si l'enfant sourd ne peut pas bien percevoir chaque
élément, on comprend que l'élaboration
de la langue puisse poser de graves problèmes
pour lui.
En résumé,
trois étapes sont nécessaires pour acquérir
le langage
Première étape
: la perception
Lorsque l'on parle autour de lui, l'enfant entendant
perçoit une langue :
De
qualité :
Avec une perception juste de tous les mots prononcés.
En
quantité :
Avec un bain de langue quasi constant et des modèles
de langue en grande quantité, à travers
les mots qui lui sont directement adressés, à
travers ce qu'il entend dire en famille : discussions,
télévision
, à travers ce
qu'il entend en dehors de sa famille : commerçants,
école
Avec un vocabulaire riche.
Et
variée :
Avec des structures de phrases variées pour exprimer
les actions routinières.
Ainsi, l'enfant entendant acquiert naturellement et
spontanément du français par imprégnation
et usage.
Deuxième
étape : la compréhension
Une bonne perception de la langue orale permet une bonne
compréhension.
La compréhension est facilitée puisque
les mots perçus sont associés à
des épisodes de la vie courante.
Troisième
étape : le réemploi
L'enfant entendant se met à
parler au bout de 18 à 24 mois d'exposition à
la langue. Il réemploie ce qu'il a perçu
et compris : des modèles linguistiques justes,
riches et précis.
Il peut rectifier seul ses erreurs. Même si l'articulation
du petit entendant est difficile, il a identifié
et mémorisé la forme correcte des mots.
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| 02 |
Chez l'enfant
sourd qui ne bénéficie pas d'une aide
à la perception |
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La perception de la langue n'est pas :
De
bonne qualité :
Il perçoit des mots déformés ou
amputés, peu ou pas de petits mots (conjonctions,
pronoms
), peu ou pas de changements de forme.
En
quantité :
Il est exclu du bain de langue, il ne perçoit
(imparfaitement) que les mots qui lui sont directement
adressés.
Vocabulaire pauvre.
Variée
:
Les modèles linguistiques sont peu variés.
En conséquence, l'enfant sourd n'acquiert
pas la langue de façon naturelle et spontanée.
Une mauvaise perception entraîne une mauvaise
compréhension.
L'enfant réemploie ce qu'il a perçu
et compris c'est-à-dire des modèles
linguistiques déformés ce qui entraîne
:
Des
difficultés dans la construction des phrases
: manque de vocabulaire, langue agrammaticale.
Des
difficultés d'acquisition du français
: quantité et qualité insuffisantes.
Il ne peut pas rectifier seul ses erreurs : il ne
connaît pas la langue.
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| 03 |
Le LPC résout
intégralement le problème perceptif |
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Le LPC permet de percevoir tous les éléments
de la langue parlée :
Sans réduction du vocabulaire et avec
une utilisation de toutes les variations grammaticales.
Le LPC offre à l'enfant un bain de langue,
les parents peuvent continuer à utiliser le français
en toutes circonstances.
L'enfant découvre par lui-même comment
s'ordonnent les mots, comment on marque le nombre, le
genre
Il s'en suit une acquisition naturelle et spontanée
du français par imprégnation et usage
pour le jeune enfant dans les activités et les
relations quotidiennes.
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(Extrait des articles
de France Branchi, professeur des INJS)
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