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Recherches
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L'enfant
sourd à la découverte
de la langue parlée |
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D'où vient l'illusion que l'on
peut lire sur les lèvres comme on lit dans un
livre ? |
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D'où vient l'illusion que l'on peut lire
sur les lèvres
comme on lit dans un livre ? |
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Cette illusion est entretenue par les performances de
quelques rares adultes sourds, non parce qu'ils lisent
mieux sur les lèvres mais parce qu'ils possèdent
une connaissance complète et une parfaite maîtrise
de la langue française. Du fait de cette connaissance,
ils peuvent essayer de deviner et compléter mentalement
ce qu'ils ne peuvent pas percevoir. A partir de quelques
syllabes lues sur les lèvres, ils essayent d'imaginer
les mots qui pourraient contenir ces syllabes et dont
le sens correspond au contexte. Ils reconstituent les
éléments linguistiques non perçus.
Ils écartent les sosies labiaux.
Grâce à cette activité de suppléance
mentale ces quelques rares adultes sourds parviennent
souvent à deviner ce qu'ils n'ont pas perçu,
au point de pouvoir entretenir une conversation. Leur
lecture labiale est efficace. (Néanmoins, l'extrême
difficulté de cet exercice le rend très
fatigant pour la personne sourde, l'empêchant
de le pratiquer plusieurs heures de suite).
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L'illusion
trompeuse
Un observateur non averti peut s'imaginer, face à
ces rares prouesses, que toute personne sourde peut
en faire autant. Or il n'en est rien pour le petit
enfant sourd. Il ne connaît pas encore la langue
qu'on lui parle. Il ne peut pas imaginer la présence
des syllabes non visibles dont il ignore l'existence.
Face aux sosies labiaux, il ne peut pas choisir :
il ne sait même pas que ce qu'il déchiffre
sur les lèvres correspond à plusieurs
mots ou expressions. La lecture labiale ne lui apporte
que quelques informations incomplètes et déformées.
L'illusion d'une lecture sur les lèvres efficace,
permettant une compréhension aisée,
est entretenue également par le comportement
des enfants sourds eux-mêmes car ils réagissent
souvent comme s'ils avaient compris les mots et les
phrases alors que - le plus souvent - ces mots restent
mal perçus, voire non perçus. Une intelligente
interprétation des moindres indices des petits
évènements quotidiens ainsi qu'une juste
appréciation de l'expressivité des interlocuteurs
permettent souvent au jeune sourd de répondre
aux demandes sans avoir nécessairement compris
ce qui a été dit.
Se développe alors la méprise la plus
grave pour son avenir linguistique : l'entourage de
l'enfant discerne rarement ce qui a permis la compréhension
: les mots ou les faits ?
L'attente prioritaire de la compréhension par
l'enfant empêche souvent de procéder
à ce discernement. L'enfant risque alors de
grandir ainsi dans la méconnaissance grave
de la langue parlée autour de lui, non pas
parce qu'il ne peut pas la maîtriser mais uniquement
parce qu'il n'a pas pu la percevoir.
Lorsque - au cours d'un repas - un parent demande
: " tu en veux encore ? " en montrant un
plat de purée, l'enfant réagit généralement
de façon adaptée en prenant ou en refusant
ce qu'on lui a présenté. Il est tentant
de croire que le jeune a compris les mots de la phrase.
Or, il a souvent mal appréhendé les
mots, par contre lui a bien compris la situation vécue.
Dans l'exemple cité, l'enfant avait perçu
" veux ", et ignoré les : "
tu " " en " " encore ".
Comment donc imaginer qu'un tel enfant puisse mémoriser
ces éléments non perçus ? Comment
pourra-t-il les reconnaître et les comprendre
lorsqu'il les rencontrera dans une lecture ? Comment
pourra-t-il les réemployer à son tour
s'il n'en connaît pas l'existence ? L'entourage
de l'enfant mesure rarement que la " compréhension
" de l'oral manifestée par un enfant sourd
" non LPC " repose essentiellement sur des
indices non linguistiques.
Pressés par l'urgence de la communication,
les responsables éducatifs attachent souvent
plus d'importance au contenu de la communication (le
sens) qu'au moyen de cette communication (la langue).
Ils effectuent difficilement le partage entre les
informations linguistiques et les indices non linguistiques
qui permettent à l'enfant de " comprendre
" ce qu'on va lui dire. C'est ainsi qu'on a souvent
tendance à sous évaluer les lacunes
perceptives du jeune sourd. La perception visuelle
de la parole, gravement floue et lacunaire ne permet
que de saisir des bribes chaotiques de l'oral et non
la langue telle qu'elle existe. Cette perception floue
et lacunaire n'est pas intégralement complétée
par l'audition du jeune sourd profond, quelle que
soit la nature et la qualité de ses prothèses.
NB : Seule la pratique du LPC résout intégralement
ce problème perceptif.
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Rôles
des perceptions pour la structuration de la langue
Pour s'exprimer - par oral ou par écrit
- il faut d'abord avoir perçu les mots, en
avoir compris le sens, les réemployer ensuite
à bon escient.
Le jeune entendant qui peut percevoir sans défaillance
les mots prononcés autour de lui, va progressivement
à la découverte de la langue qu'on lui
parle. Il la comprend lorsque les mots qu'il perçoit
sont associés aux épisodes de la vie
courante, des jeux, etc. " Coucou ! On va se
promener ! On va d'abord ranger les jouets dans la
caisse à jouets. Tu veux ton ballon ? Tiens
! " etc. Il découvre ainsi progressivement
le sens des mots si souvent répétés
dans la vie de tous les jours. Il peut identifier
les moindres éléments de la vie de la
langue. Personne n'enseigne la langue maternelle à
un enfant entendant ! Il découvre tout seul
comment s'ordonnent les mots, comment on marque le
genre des noms (masculin, féminin), le singulier
ou le pluriel (le / les) etc. Quand il se met à
parler, l'enfant entendant n'invente rien : il réemploie
ce qu'il a d'abord perçu puis compris. Parler
n'est que la troisième étape qui suit
le " couple " : compréhension de
la langue assurée par la perception. La maîtrise
d'une langue, en compréhension et en expression,
n'est que la " pointe émergée de
l'iceberg ", la conséquence d'une série
d'activités incontournables, dépendantes
les unes des autres : identifier les éléments
de la langue - comprendre leur sens - découvrir
les règles d'organisations de ces éléments
- comprendre tout énoncé et savoir le
produire (par oral ou par écrit).
La réalisation des dernières étapes
(comprendre le sens des mots, comprendre comment ces
mots sont reliés les uns aux autres, puis produire
des énoncés) met en jeu des compétences
intellectuelles variées que l'enfant ne peut
effectuer que s'il a bien perçu les éléments
de la langue. Tout l'édifice linguistique repose
sur cette identification première. Si ce plancher
de la construction de la langue reste défaillant,
si l'enfant sourd ne peut pas bien percevoir chaque
élément, on comprend que l'élaboration
de la langue puisse poser de graves problèmes
pour lui.
NB : L'usage du LPC permet de restituer précocement
- dès le biberon - la solidité de ces
" fondations de la langue ". Il offre à
l'enfant sourd une perception intègre de tous
les éléments de la langue parlée.
L'entourage de l'enfant peut donc conserver le français
oral dans la vie quotidienne. L'enfant sera ainsi
exposé à la découverte intégrale
de tous les éléments du français.
Il pourra - comme tout enfant - exercer son intelligence
pour comprendre par lui-même comment fonctionnent
ces éléments qu'on lui aura permis de
percevoir. Il pourra franchir toutes les étapes
de l'acquisition de la langue et la maîtriser
intégralement.
En résolvant le problème perceptif,
le LPC permet à l'enfant sourd d'accéder
naturellement et spontanément à une
réelle maîtrise de la langue (qu'il ne
faut pas confondre avec la " vocalisation "
par l'enfant, qui reste un problème moteur
et non un problème linguistique). Il n'est
plus besoin de préceptorat ni d'un enseignement
constant.
Les effets de l'usage de ce simple outil de complément
à la perception de la parole montrent clairement
que rien n'interdit à l'enfant sourd - qui
n'aurait pas d'autre handicap que cette déficience
sensorielle - de parvenir à la totale maîtrise
de la langue française. Cette maîtrise
acquise de façon naturelle, en situation et
non après un apprentissage acharné,
permet de préciser la véritable nature
du problème posé par la surdité
: déficit sensoriel et non incapacité
à maîtriser le français comme
on le croit encore si souvent.
Sans l'usage de ce complément à la perception
de la parole, chaque élément linguistique
non perçu, chaque règle non repérée
spontanément par l'enfant devra alors faire
l'objet d'un enseignement. Or, les observations des
linguistes mettent en évidence que tout enfant
a besoin d'un nombre considérable de répétitions
entendues et de répétitions produites
par lui avant de pouvoir maîtriser ses connaissances
linguistiques. L'enfant sourd n'échappe pas
à cette règle.
Se pose donc le problème du temps imparti à
ces activités. L'expérience a largement
montré que - bien que très important
- ce temps suffit rarement. En revanche, si - en dehors
des activités spécialisées -
les professionnels exposent l'enfant à une
communication en français avec LPC, il augmente
la quantité d'exposition à la langue
pour l'enfant. Les effets de leur enseignement s'en
trouvent décuplés. Si la découverte
de la langue peut se poursuivre en famille, les effets
se trouvent évidemment démultipliés.
La surdité n'est qu'un problème perceptif.
Or les conséquences de ce seul trouble perceptif
risquent d'être immenses. S'il est privé
d'une perception claire de la langue parlée
autour de lui et transposée ensuite dans l'écrit,
l'enfant sourd se trouve privé de la possibilité
de la découvrir, de la comprendre, de la maîtriser.
Il risque de n'en connaître que quelques éléments.
Dans ces conditions, l'expérience a largement
montré que s'entame alors un processus d'exclusion
de ce futur adulte qui se trouvera en grande difficulté
d'intégration au sein d'une société
qui utilise la langue qu'il connaît trop peu
pour communiquer efficacement.
NB : Le LPC résout intégralement
le problème de la perception de l'oral par
l'enfant sourd avec efficacité et - surtout
- avec une extraordinaire économie de moyens.
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Incidences
des limites perceptives pour la structuration de la
langue
par l'enfant sourd
> Perception des
éléments de la langue : qualité
du vocabulaire.
Lorsque les mots perçus en
lecture labiale sont déformés ou amputés,
ce qui est le cas le plus fréquent, l'enfant
ne peut pas " rectifier " ses mauvaises
perceptions puisqu'il se trouve face à des
mots qu'il ne connaît pas. Quand il perçoit
" fême ", comment peut-il savoir que
le mot exact est " ferme " ? S'il parvient
à produire oralement " fême ",
l'entourage a souvent tendance à minimiser
le problème, se référant aux
" fautes " de prononciation des petites
entendants du même âge. Mais la différence
est de taille.
Pour le petit entendant, le trouble ne rend
compte que d'une difficulté articulatoire provisoire
(sauf cas particulier). Par contre, l'audition lui
a permis d'identifier la forme exacte du mot et de
la mémoriser. Quelque mois plus tard, quand
il aura développé une meilleure coordination
motrice, il pourra reproduire les sons tels qu'il
les a mémorisés et prononcera donc les
mots sans erreur. Il pourra corriger tout seul car
il jouit d'un vocabulaire interne correct.
Le jeune sourd, même en grandissant, continuera
à se baser sur les mots tels qu'il les a perçus.
Il améliorera peut être son articulation
mais ces progrès lui serviront à prononcer
les mots tels qu'il les a mémorisés.
Il ne pourra pas se " corriger seul ". La
quantité de travail à affronter pour
examiner tous les mots de la langue française
(mots mal perçus et mots non perçus)
suppose un travail titanesque.
Les quelques mots découverts
spontanément par l'enfant sourd sont souvent
fautifs. Il faudra consacrer beaucoup de temps à
préciser les perceptions des mots. L'enfant
sourd ne peut pas non plus imaginer qu'il puisse exister
plusieurs mots là où il n'en perçoit
qu'un seul (du fait des sosies labiaux). Il est exposé
à mémoriser un seul mot pour des sens
très divers et commet de graves confusions
de sens : " pot - pont ", " orange
- courage ", " prends " ou " mets
", " mange " ou " marche ",
" fais " ou " va ", etc.
NB : Ces contresens disparaissent lorsque l'entourage
de l'enfant utilise le LPC. L'enfant perçoit
alors la structure exacte de chaque mot, sans possibilité
d'erreur.
> A côté
de l'altération qualitative, on observe également
une altération quantitative
du vocabulaire.
L'enfant entendant est plongé dans un bain
de langage quasi constant (entourage familial et extra
familial, télévision,
). L'enfant
sourd est exclu de ce bain de langage. Il ne perçoit
presque rien de ce qui est dit autour de lui. La quantité
de langue reçue est limitée à
ce qui lui est personnellement dit (dont - au demeurant
- il retire des informations linguistiques incomplètes).
Il ne peut imaginer l'existence de mots qu'il ne perçoit
pas. Son vocabulaire reste gravement limité.
A ces limites perceptives s'ajoutent les limites déjà
évoquées, imposées par l'environnement
de l'enfant dans le but de faciliter la communication.
Quel parent, sans l'usage du LPC, oserait demander
à un petit enfant sourd profond s'il souhaite
un " millefeuille " ou une " tarte
au citron meringuée " ? Chaque famille
choisit généralement un terme générique,
" gâteau " ou autre, et s'en tient
là. Il en va de même pour tous les mots
de la vie courante. On différencie rarement
pour le petit enfant sourd le blouson de la parka,
du manteau, de l'anorak, de la veste, du K-Way, etc.
alors qu'on le fait spontanément pour l'enfant
entendant du même âge.
Cette richesse du vocabulaire a une incidence sur
les " mots grammaticaux " qui servent à
organiser le vocabulaire. Changer un mot n'est pas
toujours anodin. Cela entraîne parfois un changement
dans la construction de la phrase. Le petit enfant
sourd peut percevoir qu'on lui propose " du "
jus d'orange mais il perçoit rarement que son
père boit - éventuellement - "
de la " bière. Il peut savoir qu'on traverse
" le " jardin mais peut être pas qu'on
passe " par le " jardin avant de traverser
la rue, etc.
NB : Là encore, la pratique du LPC permet
à l'entourage de l'enfant de ne pas réduire
abusivement le vocabulaire et de l'utiliser avec toutes
les variations grammaticales qui l'accompagnent.
Les " mots-pleins " (porteurs de sens)
sont reliés entre eux par des " mots grammaticaux
" (conjonctions de coordination, auxiliaires
verbaux, pronoms relatifs, articles, pronoms personnels,
déterminants, démonstratifs, etc.) indispensables
à l'organisation syntaxique et à la
précision du sens de la phrase. Or, ces "
petits mots " sont difficiles à percevoir
tant visuellement qu'auditivement : ils sont très
rapides (quelques centièmes de seconde) et
très peu accentués. De nombreuses expressions
telles que :
- " tu en veux / tu le veux / je le veux "
- " je te le dis " / " on te le dit
",
ont des images labiales très difficiles à
différencier. L'enfant voit le plus souvent
: " veux ", " dis ", etc. et perd
les pronoms personnels (en - le - te) sans la maîtrise
desquels on ne peut savoir de qui ou de quoi on parle.
C'est pourquoi la méconnaissance des pronoms
personnels constitue l'un des handicaps majeurs de
l'enfant sourd face à la lecture, lorsqu'il
essaye de comprendre ce qu'on lui a appris à
déchiffrer.
Certes, le sens d'un pronom rencontré dans
une lecture sera facile à expliquer dans son
contexte : " Voilà du pain. Il en veut
" mais ce n'est pas pour autant que la connaissance
du pronom sera maîtrisée. La logique
d'un contexte n'est pas applicable à tous les
contextes. L'enfant est donc " condamné
" à effectuer de nombreux et importants
contresens. " La farine étant tombée
dans la rivière, Marie déposa les bouteilles
de lait et les petits pains sur les cailloux de la
rive et alla en redemander au moulin ". Que désigne
" en " ? rive, cailloux, petits pains, lait,
bouteilles, rivière ? Ne pouvant pas s'appuyer
sur des connaissances linguistiques, l'enfant cherche
des informations dans des indices non linguistiques.
Ici, il sera tenter de relier " en " à
" rive ", indice de place, sur le modèle
de : "Il mange du chocolat. Il en prend beaucoup
", pour ensuite chercher un éventuel sens
à ces mots. " Marie alla donc demander
de la rive au moulin " ! L'incohérence
peut provoquer une réaction chez l'enfant entendant.
Par contre, de nombreux enfants sourds connaissant
peu et mal le français sont souvent exposés
à ne pas comprendre ce qu'ils déchiffrent.
De ce fait, ils ne repèrent pas toujours les
incohérences.
Des expressions telles que " tu es malade ",
" tu as mal ", sont souvent perçues
" toi malade ", " toi mal ", etc.
" Le chat est sous la table ", " le
chat est sur la table " ont la même image
labiale. La variation de sens n'est apportée
que par la préposition qui - elle - n'est pas
perçue. L'enfant sourd perçoit peu et
mal les " petits mots ". Il ne peut en acquérir
la connaissance et encore moins la maîtrise
par la seule lecture sur les lèvres alors que
le LPC lui permet de les percevoir aisément,
aux bons moments, et donc de pouvoir mémoriser
les bonnes formes correspondantes aux bons usages.
Ces difficultés perceptives sont encore accentuées
lorsque ces " petits mots " sont placés
en début de phrase (ta balle, sa balle, etc.)
au moment où l'enfant n'a pas toujours bien
concentré son attention ou lorsqu'il n'a pas
repéré qu'on a commencé à
lui parler. Comment deviner qu'une question commence
par " qui, quand, qu'est-ce, qu'est-ce que ?
". L'enfant comprend bien, en voyant la mimique
interrogative, qu'on lui pose une question mais il
ne sait pas nécessairement laquelle. Si l'entourage
poursuit l'interrogation : " c'est papa ? c'est
maman ? c'est tatie ? ", l'enfant finira par
comprendre qu'on lui demande de désigner une
personne mais il n'aura pas perçu l'outil linguistique
qui sert à poser la question. La formulation
de la réponse pose les mêmes problèmes
puisque le " c'est
" qui débute
la réponse est quasiment invisible. L'enfant
n'a pas perçu les outils du questionnement.
Il en ignore l'existence.
Il faudra enseigner ces éléments et
leur usage, ce qui impose de recréer pour l'enfant
sourd les diverses situations d'emploi et donc de
consacrer beaucoup de temps pour examiner toutes ces
situations. Travail colossal, rarement achevé
!
NB : L'enfant exposé au français
complété par le LPC peut spontanément
découvrir tous ces éléments.
La pédagogie spécialisée s'en
trouve considérablement allégée
et rendue plus efficace.
De nombreux mots changent de forme : verbes conjugués,
variations de genre - masculin / féminin -
variations de nombre, etc. Ces variations de forme
(généralement liées à
la syntaxe) sont mal perçues. L'enfant sourd
prend rarement conscience spontanément de leur
existence. " Il mangeait ", " il mangerait
", " il a mangé ", etc deviennent
: " manger ", etc. Le plus souvent, il ne
comprend et maîtrise la valeur des formes verbales
qu'après un long et minutieux apprentissage
qui prend du temps, et les éléments
de la langue sont tellement nombreux !
NB : Lorsque les divers acteurs de l'éducation
de l'enfant utilisent les compléments manuels
du LPC, le jeune sourd peut découvrir spontanément
la complexité de la langue à travers
l'usage. Il peut percevoir les variations de formes
imposées par les variations de sens. Il peut
par l'usage, accéder à une maîtrise
très difficile à atteindre par d'autres
voies.
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(Article
publié dans le LPC Info N° 125 ;
auteur : France BRANCHI)
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