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La classe d'intégration
Il existe dans les collèges et lycées
ordinaires plusieurs modes de scolarisation pour les
élèves sourds : l'intégration
individuelle en classe ordinaire avec ou sans codeur
L.P.C. ou la classe dite " annexée "
que je vais m'attacher à présenter aujourd'hui
et qui ne suppose pas une langue française
non codée. En effet, de nombreux enseignants
spécialisés font leurs cours en ayant
le souci de transmettre leur enseignement en langue
française et donc
codent.
La classe annexée est une classe à effectif
restreint (de 2 à 9 élèves environ)
recevant uniquement des élèves déficients
auditifs au sein d'un établissement ordinaire
de l'Education Nationale et dans laquelle les cours
sont dispensés par un enseignant spécialisé.
En classe annexée de
type " U.P.I. " :
> Programmes scolaires et modes d'enseignement
sont adaptés au rythme d'apprentissage et au
niveau de langue des élèves, ce qui
permet aux jeunes concernés de progresser selon
leurs possibilités.
> Le nombre d'heures d'enseignement est majoré
dans certaines disciplines telles que le français,
l'histoire ou les mathématiques.
> Les élèves bénéficient
d'une intégration partielle (sur quelques créneaux
d'intégration) chaque fois que cela est possible.
Il faut savoir que seules certaines matières
(et moments spécifiques) permettent cela. Ces
moments d'intégration nécessitent un
alignement des emplois du temps des classes annexées
sur les classes ordinaires concernées ainsi
qu'une progression de cours similaire des deux enseignants
(E.N./ spécialisé); ce deuxième
point est le plus souvent impossible à réaliser
pour l'enseignant spécialisé quand il
s'agit des matières " littéraires
". Pour ces moments d'intégration, la
classe entière de jeunes sourds se déplace
avec son enseignant spécialisé dans
la classe ordinaire. Le professeur spécialisé
est alors présent pour aider les élèves
sourds à suivre le cours dispensé par
l'enseignant de l'Education Nationale en codant grâce
à l'outil LPC ou en pointant les difficultés
par un autre mode de communication que le français
codé (français écrit /français
signé/L.S.F.). Quel que soit son mode d'intervention,
il sera toujours discret afin de ne pas déranger
la bonne marche du cours.
> Les élèves peuvent également
se déplacer en classe entière pour recevoir
un enseignement en classe conjointe. Dans ce cas,
enseignant spécialisé et enseignant
" E.N. " interviennent tous les deux pendant
le cours à partir de préparations communes.
Dans le cadre de ces " créneaux d'intégration
" et possibilités de " classe conjointe"
la progression pédagogique suppose qu'un travail
en collaboration est effectué par l'équipe
spécialisée et les enseignants "
E.N. " afin d'aboutir par exemple à :
> des contrôles communs aux élèves
sourds et entendants.
> des corrections communes des devoirs.
> une progression pédagogique annuelle commune.
> une mise en place systématique du tiers
temps pour les contrôles communs,
Les élèves des classes annexées
bénéficient d'autres prises en charge
proposées par l'établissement spécialisé
qui les scolarise " pour moitié "
(les élèves ayant une double inscription
scolaire : établissement spécia-lisé/E.N.
) :
> des séances d'orthophonie dispensées
dans les locaux de l'établissement ordinaire
d'accueil.
> des entretiens avec un psychologue quand c'est
nécessaire (et ceci dans l'établissement
spécialisé dont dépend l'élève).
Les procédures d'admission d'un élève
sourd ou malentendant au sein d'un établissement
ordinaire de l'Education Nationale consistent en divers
bilans :
> O.R.L.
> orthophonique
> de réception de la langue française
orale
> scolaire
> psychologique
> éducatif
A la suite de ces bilans, l'équipe pluridisciplinaire
spécialisée en collaboration avec l'équipe
d'enseignants " E.N. " (et les équipes
de direction ) déterminera l'orientation scolaire
la plus adaptée et la plus profitable pour
l'élève dans le cadre d'un Projet Individuel
de Formation qui fera l'objet de synthèses
afin de réajuster le projet en fonction de
l'évolution du jeune (et parfois de modifier
le mode d'intégration proposé au jeune).
En effet, des passerelles sont possibles de l'intégration
individuelle vers la classe annexée et vice
versa, même si le cas le plus courant reste
le premier évoqué et ceci à cause
d'un problème essentiel : celui du niveau de
langue de l'élève qui est parfois beaucoup
trop insuffisant pour permettre à certains
de suivre un enseignement ordinaire. Quand un élève
n'est pas " entré " dans la langue,
mille difficultés s'annoncent pour lui qu'il
aura bien du mal à surmonter.
Pour avoir une bonne maîtrise de la langue,
il faut l'avoir reçue et manipulée en
quantité et en qualité. Lorsqu'un élève
arrive en 6ème avec une langue pauvre et abîmée,
l'enseignant spécialisé se cantonne
à " réparer " cette langue.
Ceci est le quotidien de l'enseignant spécialisé
en classe annexée. Le L.P.C. est alors souvent
un bon outil permettant entre autre à l'élève
de s'auto-corriger. L'enseignant est très vigilant
dans ce type de classe à vérifier la
compréhension, anticiper sur les contresens
possibles face à un texte tout en gardant à
l'esprit l'enrichissement de la langue. On parle souvent
des " bonnes " fautes des enfants qui nous
renseignent sur le travail énorme qu'il a effectué
sur sa langue. Parallèlement, nombre de "
mauvaises " fautes nous renseignent sur le caractère
totalement arbitraire des productions des élèves
et donc sur mille règles non repérées
et surtout sur tout le flou dans lequel s'est construite
la langue de l'élève
La filière d'Intégration est ouverte
à tout élève sourd, quel que
soit son degré de surdité, l'utilisation
de son gain prothétique et la qualité
de sa parole. On retiendra que le niveau scolaire
de l'élève, sa capacité à
recevoir un enseignement en langue française
(oral et/ou écrit) et sa motivation constituent
des atouts majeurs pour une bonne intégration
et une scolarité réussie.
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(Compte-rendu
d'une conférence de Marie-José
MAZET au stage d'été 2002)
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