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Le
code LPC |
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Le
code LPC en famille |
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Votre
enfant est sourd ou malentendant.
Des professionnels (médecin ORL, audioprothésiste, orthophoniste…)
vous aident déjà, mais leurs interventions ne suffisent
pas.
| Parents,
vous avez un rôle essentiel à jouer |
Vous souhaitez parler à votre enfant sourd ? Vous souhaitez
qu'il puisse vous parler à son tour ? Vous souhaitez
pouvoir utiliser avec lui votre propre langue ? ans
le plaisir de communiquer
| Oui,
il est tout à fait possible de parler français
avec les sourds. |
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Comment
démarrer le LPC avec un très jeune enfant.
Dès son plus jeune âge, vous pouvez recourir au code
LPC avec votre enfant, en commençant par coder des petits
mots (« maman », « papa », « gâteau »), puis en enrichissant
progressivement le vocabulaire, comme vous le feriez
avec un enfant entendant. Même si le jeune enfant ne
semble pas toujours très réceptif au départ, il commence
en réalité à décoder et surtout, il apprend à vous regarder,
à regarder vos lèvres bouger, à suivre les mouvements
de vos mains : il débute alors son apprentissage du
code et de la lecture labiale.
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| 011 |
Au stade pré-linguistique |
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Etablir une communication sans nécessairement
passer par la parole
(ce qui ne veut pas dire non plus se taire).
Petits conseils :
S'exprimer avec tout le corps, caresser l'enfant,
puis se servir de l'expressivité du visage
pour préparer le sourd à regarder le
visage. Montrer à l'enfant que quand on s'exprime
(par la parole, le geste, la langue des signes...),
c'est pour faire passer un message. Mais aussi, l'aider
à s'exprimer (à transmettre un message
en répondant à ses sollicitations)
Exemple: "Tu pleures ? Pourquoi ? Tu as faim
? Tu as mal ?"
L'amener à la découverte du monde sonore,
lui apprendre à utiliser ses prothèses
sans inonder son univers de bruits permanents. Faire
repérer à l'enfant un bruit, puis mettre
en correspondance le bruit et la source du bruit :
> La voiture de papa arrive, on regarde par la
fenêtre.
> Le téléphone sonne, on montre que
l'on répond.
> De même, une porte qui claque, c'est à
cause du vent.
L'enfant sourd babille, mais n'ayant pas de retour
(contrôle audio phonatoire), ne prend pas de
plaisir à son babillage et risque de l'abandonner.
Il faut l'encourager à continuer en lui montrant
que l'on est content de l'entendre.
> Répéter après lui "PA
PA PA, MA MA MA, ATA ATA ATA..."
Jouer avec les bruits et sa voix :
> Exagérer la voix, la moduler, imiter le
cri des animaux
> Prononcer des onomatopées en rapport avec
l'intérêt de l'enfant : POUM, HOP HOP
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| 021 |
Et la place
du code ? |
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On peut accompagner un mot ou un bruit par le code.
Même si l'enfant ne sait pas quoi en faire,
il s'habitue à regarder la bouche et les doigts.
Commencer à coder dès que les parents
sont formés et dès que coder ne gêne
pas leur expressivité faciale ou vocale, coder
le babillage.
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| 031 |
Au stade linguistique |
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L'enfant va reproduire PAPA sans vouloir dire Papa
: mettre tout de suite du sens en montrant Papa. Faire
de même avec tous les mots.
A partir de là, coder le
plus possible :
> en choisisant les mots fétiches (doudou,
voiture...)
> en allant vers l'intérêt de l'enfant
> en proposant des petites structures, puis des
petites phrases en les compliquant :
"Tu viens, tu viens jouer, tu viens jouer au
ballon, tu viens jouer au ballon avec moi."
C'est pratique aussi pour entraîner le code
qui s'améliore avec la progression de l'enfant.
> Toujours vérifier qu'il y a compréhension.
> Mettre ce que l'on dit en correspondance avec
le sens (photo, objet
).
> Raconter des petites histoires, ne pas hésiter
à adapter le texte, à répéter,
à expliquer.
> Ne pas oublier les comptines et pourquoi pas
les chansons si l'on y prend plaisir.
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| 041 |
D'autres conseils,
en vrac |
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> Proposer le code dès qu'on l'utilise avec
un peu de spontanéité.
> Si possible il est souhaitable que les deux parents
codent ainsi que l'orthophoniste.
> Privilégier le confort de l'enfant. Et
si l'on sait coder, il faut coder.
> On n'enseigne pas le décodage au tout
petit.
> Ne pas exiger de retour, ne pas faire répéter
tout le temps.
> Coder selon la personnalité de l'enfant
: si l'enfant est porté sur le mime, l'exploiter,
s'il a besoin de manipuler, le laisser faire.
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| 051 |
Et si ça
ne marche pas aussi bien qu'on le voudrait ? |
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Persévérer ! Parfois, il faut
savoir patienter, coder même si l'enfant ne
regarde pas, accepter certains moments de refus, saisir
les moments de calme.
Tous les enfants ne démarrent pas vite.
Rester convaincu du LPC, et éventuellement
passer par d'autres modes de communication, lui proposer
quelque signes. Cela ne remet pas en cause le choix
de l'oralisme, c'est un autre moyen d'y arriver.
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| 061 |
En bref |
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> Garder la communication naturelle
> Chercher l'intérêt de l'enfant
> Saisir les moments privilégiés
> Faire du code ludique
Et toujours mettre en correspondance
ce que l'on dit avec le sens...
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| 02 |
Témoignage
de Maryvonne et Rémy, parents de Lou, sourde
sévère profonde |
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Nous sommes parents d'une petite fille sourde de trois
ans et d'un petit garçon de 1 an (sourd également,
mais ce n'est pas le propos de notre témoignage)
; nous connaissons le LPC depuis 2 ans environ et
nous aimerions encourager d'autres parents qui éprouvent
aussi des difficultés à coder "
couramment."
Généralement à l'issue d'une
formation de LPC les parents de jeunes enfants sourds
trouvent une nouvelle perspective à leur avenir.
Les échanges avec les autres parents et les
formateurs, autant que l'apprentissage, donnent beaucoup
de courage, de convictions et d'espoir à des
familles assez désorientées depuis l'annonce
de la surdité de leur enfant. Mais par la suite,
dans la vie quotidienne, lorsque l'on commence à
coder, la communication avec son enfant, n'est pas
toujours évidente et parfois, l'utilisation
du LPC peut paraître " contre nature ".
Dans les premiers mois, nous nous sentions un peu
ridicules de chercher nos mots, d'y accrocher ces
clés qui loin de nous ouvrir des portes semblaient
compliquer les échanges. Non seulement les
conversations rêvées (avant le diagnostic)
avec notre petite fille étaient impossibles,
mais en plus nous avions l'impression de nous "
robotiser " ! Nous pensions être incapables
d'offrir ce fameux " bain de langage " à
notre enfant, étant donné le faible
niveau de notre code.
C'était une période difficile où
notre fille ne semblait pas s'intéresser à
ce que nous voulions lui dire (" Ah, elle ne
nous regarde même pas ! ", accompagné
de ce sentiment déroutant que tous les parents
connaissent
). De nouveau, nous étions
attirés par la langue des signes ou plutôt
le français signé (qui nous paraissait
un bon compromis à condition d'y ajouter les
articles, les pronoms du français
en
LPC !). Ceci aiguisa la curiosité de notre
enfant et recentra son attention sur notre visage.
Notre fille acquit du vocabulaire en signes dans un
premier temps, et y trouva un intérêt
pour la communication ; encouragés par "
ses réponses ", nous nous efforcions de
toujours trouver un moyen de lui faire comprendre
un mot, une situation, au moyen de photos, du signe
ou d'un geste, du cahier de vie ou du LPC quand le
code était simple
L'important pour nous
était d'avoir des échanges avec notre
enfant et en cela le LPC seul ne pouvait pas nous
aider, car il nous paraissait être à
" sens unique ". Notre fille ne comprenait
pas mieux ce que l'on pouvait lui dire et le code
seul ne lui donnait pas les moyens d'y répondre.
Nous ne comprenions pas réellement toute l'importance
de LPC
Si nous avions une critique à faire aux personnes
qui nous ont fait découvrir le LPC ou qui nous
l'on appris (comme notre sympathique formatrice que
nous remercions d'avoir donné de son temps
et de son expérience), ce serait de mieux prévenir
les nouveaux LPCistes de la difficulté d'intégrer
ce code dans la vie quotidienne, de manière
spontanée. D'accord la méthode du LPC
est simple à apprendre, mais le chemin est
long pour que le LPC accompagne naturellement la parole
et que le code aide l'enfant à mieux comprendre
le français. Or, nous n'avions pas de connaissance
en pédagogie, ni en acquisition du langage,
nous avons récemment pris conscience que le
LPC ne " porte ses fruits " qu'un ou deux
ans plus tard. Nous pensons qu'il est donc bon d'insister
sur ce fait auprès des personnes qui adhèrent
au LPC, parce qu'il y sans doute beaucoup de parents
qui connaissent un " contre-coup " dans
l'année qui suit la formation, certains peut-être
ont-ils abandonné
Le LPC est la seule " passerelle
" vers un français correct
Pour notre part, nous n'avons pas renoncé
et même si certains jours, notre fille n'aura
bénéficié d'aucune phrase codée,
le LPC a toujours été dans un coin de
notre tête. Nous souhaitons dire aux familles
qui éprouvent les mêmes doutes de ne
pas se décourager, de ne pas avoir de complexe
quant à leurs erreurs de code ou leur lenteur
(d'ailleurs il est préférable de coder
lentement, surtout avec les jeunes enfants).
Il faut beaucoup de volonté et de constance
! Durant l'année post-diagnostic, les parents
sont souvent enclins à de grands découragements
et selon les rencontres, les lectures, les émissions,
les points de vue divergent, ébranlant à
chaque fois leurs convictions. Pourtant, malgré
une attirance pour les signes (signes que nous utilisons
sans scrupules quand l'occasion se présente),
notre choix a été sans hésitation
la langue française (notre langue maternelle,
celle de nos amis, de nos voisins, de l'école
où nous souhaitons voir entrer notre fille
)
et une évidence s'est imposée à
nous : le LPC est la seule " passerelle "
vers un français correct. Mais il nous a fallu
longtemps pour comprendre que, même avec des
fautes, même lentement, le LPC aidait notre
fille " à décortiquer " la
langue française, cette chose " informe
" à ses oreilles (et à ses yeux
puisque la lecture labiale ne laisse passer que 30%
du message). Et doucement, timidement, le LPC est
entré dans notre famille. Cela prend sans doute
un temps très différent selon les aptitudes,
la disponibilité de chacun, les aléas
de la vie
Aujourd'hui, le code aide notre enfant
à comprendre beaucoup de phrases, même
si elle ne les restitue pas et cette bonne compréhension
(sur un vocabulaire de moins en moins limité)
est notre meilleure motivation.
Une rencontre avec des adolescents sourds peut aussi
aider à persévérer dans le LPC,
parce que leur vécu et l'exemple qu'ils donnent,
sont pour nous des preuves concrètes de l'efficacité
du code.
Nous avons assisté lors du dernier stage d'été
à un témoignage d'adolescents sourds
bénéficiant du LPC dans leur famille
depuis leur plus jeune âge. Même si tous
n'avaient pas encore acquis une bonne diction, tous
avaient une excellente compréhension de la
langue. C'était un grand réconfort pour
nous, car ils témoignaient avec beaucoup d'humour
et de maturité.
À d'autres occasions, nous avons aussi rencontré
de jeunes personnes sourdes ne bénéficiant
pas de LPC mais plutôt de la langue des signes.
Quelle différence ! Non pas dans la diction
mais dans la compréhension du français
(logique puisque ce n'était pas leur première
langue). Ils faisaient des efforts pour lire sur nos
lèvres et si nous avons pu échanger
quelques phrases, tout le mérite leur en revenait.
Cependant une conversation poussée n'était
pas possible.
Même si certains disent, que pour pratiquer
le LPC (cette merveilleuse invention !) il suffit
de la langue maternelle, d'une main libre et d'un
peu de synchronisation, personnellement, il nous faut
aussi une bonne dose d'acharnement. Mais, nous parents,
sommes les premières personnes dont l'enfant
a besoin pour assimiler les mécanismes et les
subtilités du français ; d'autre part,
sans LPC, l'acquisition du langage est moins sûre
et terriblement difficile pour l'enfant.
Alors, à ceux que les doutes assaillent, nous
disons courage ! Ne baissez pas les bras, même
si le LPC n'est pas facile à maîtriser,
soyez tenace.
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(Témoignage
publié dans LPC Info N° 136 de octobre
2001)
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| 03 |
Témoignage
de Christine, maman de Florian, sourd profond |
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Je suis maman de 2 enfants, Léa 7 ans entendante
et Florian 9 ans sourd profond de naissance. Sa surdité
a été détectée à
l'âge de 9 mois et il a été appareillé
pendant 2 ans. Le port des prothèses n'apportant
aucun gain auditif, l'équipe du CHU de Nantes
nous a parlé de l'implant cochléaire.
La rencontre avec d'autres parents d'enfants implantés
ainsi que toute l'équipe d'implantation nous
ont conduit à suivre notre première
formation au LPC quelques mois avant l'opération.
Les débuts avec le LPC sont difficiles, Florian
est petit (3 ans), il n'est pas réceptif au
message codé (celui ci étant long et
hésitant). Après plusieurs mois de code
nous n'étions toujours pas convaincus de l'apport
du LPC pour Florian, nous avions besoin de certitude.
Un jour alors que l'on se préparait à
sortir on a fait un test, au lieu de lui coder "va
mettre ton manteau ", on lui a dit " va
mettre ton pyjama ", il nous a regardé
d'un air interloqué, c'était la preuve
qu'il avait compris.
Plus tard le fait de coder à la maison a permis
à Florian d'avoir l'information en même
temps que sa sur. En effet quand le message
n'était pas passé, il nous faisait répéter,
et sa sur qui avait compris avait tendance à
" faire " pour son frère ou répondre
avant lui. Florian était frustré. Aujourd'hui
le LPC lui permet d'être sur un pied d'égalité
(une explication du handicap a été nécessaire
pour sa sur).
Le LPC a permis d'enrichir son vocabulaire (on peut
coder tous les mots) et faire une compréhension
optimale de la lecture labiale, ce qui permet les
échanges lorsqu'il n'a pas son implant (activité
nautique, salle de bains, dans son lit, au réveil
.).
Nous avons vécu l'expérience douloureuse
de la casse de l'implant (choc à la tête
dans la cour de l'école). Florian avait 6 ans,
le temps de la réimplantation et de la réactivation
de l'implant (environ 3 mois) n'a pas altéré
sa progression dans la communication et dans le langage.
Le LPC a joué un rôle essentiel durant
cette période.
Le parcours scolaire de Florian
:
Ayant fait le choix de l'oralisme, notre souhait premier
était l'intégration dans l'école
la plus proche. La réticence des enseignants
et leur peu de motivation nous a fait choisir une
CLIS à environ 30 km de notre domicile. Notre
souhait d'intégration, renforcé par
la conviction du bien fondé du couple LPC+intégration,
n'a été pris en compte qu'à partir
de la grande section. Cette intégration qui
va en s'accentuant (GS ½ journée par
semaine - CP /CE1 4 demi-journées par semaine
- CE2 3 jours par semaine - prévision CM1 à
90% intégré) a été permise
grâce à l'intervention d'une codeuse
en classe. La présence de cette codeuse a été
rendue possible grâce à notre association
départementale ADAPEDA 44 en collaboration
avec l'URAPEDA Pays de la Loire.
Démontrer l'importance du LPC dans l'apprentissage
et l'acquisition du langage auprès des professionnels
et des enseignants est un combat de tous les jours,
chaque rentrée scolaire nécessite des
explications.
L'implant a permis à Florian d'entrer dans
le monde des entendants, mais la perception des messages
oraux reste difficile car ceux-ci sont souvent perçus
de façon incomplète et déformée.
L'utilisation du LPC permet de visualiser toute la
phrase (petits mots..), évite les nombreuses
confusions dues aux sosies labiaux, par conséquent
il favorise l'apprentissage de la langue française
(syntaxe...) et évite de nombreuses incompréhensions.
Pour nous les parents, le LPC demande des efforts
de concentration et nous oblige à réduire
le débit de parole, ce qui rend nos messages
beaucoup plus accessibles à Florian.
Le fait de coder en toute situation, permet aux personnes
qui nous entourent de " comprendre et voir "
le handicap. En effet grâce à l'implant,
Florian a une voix mélodieuse et compréhensive
qui fait oublier rapidement le fait qu'il est sourd
(l'effort de bien articuler et de parler en face est
vite oublié par les " non-initiés
").
A la question, faut il continuer le LPC avec les enfants
implantés ? Je répondrais OUI OUI et
OUI.
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| 04 |
Témoignage
de Loan, maman de Marie, sourde sévère |
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Nous sommes les parents d'une petite fille de 3ans
qui s'appelle Marie, et qui est soude sévère,
avec des restes auditifs sur toutes les fréquences.
Marie a cessé de babiller alors qu'elle était
âgée de 8 mois, elle continuait de s'exprimer
mais seulement avec des "AAH ! AaAaH! sur tous
les tons, parfois très fort, sans pourtant
être en colère ... et le dépistage
a confirmé nos soupçons quant à
sa surdité.
Elle a d'abord eu un appareillage semi-numérique,
puis un appareillage numérique, qui lui donne
un bon gain prothétique.
Après le dépistage, parmi nos toutes
premières questions, nous nous sommes demandés:
Comment allons nous communiquer avec notre enfant?
Quel mode d'accompagnement est le plus adapté
pour elle? (Centre spécialisé, orthophoniste
en libéral...)
Heureusement, nous avons eu la chance de rencontrer
tout de suite des professionnels qui nous ont parlé
de LPC, nous nous sommes alors documentés,
nous avons beaucoup lu et nous avons fait le tour
des associations. Nous avons, en particulier, contacté
l'ALPC, où nous avons pu rencontrer des parents
qui nous ont parlé de leur expérience.
Toutes ces informations ont confirmé notre
intérêt pour le LPC.
Cependant, nous n'étions pas certains que Marie
"accrocherait" avec le LPC et l'oral seulement,
nous craignions qu'elle ne nous comprenne pas ou qu'elle
ne puisse pas s'exprimer. Nous avons donc décidé
d'utiliser parallèlement d'autres techniques
de communication comme la mimo-gestuelle et la langue
des signes.
Pour le LPC, nous avons commencé tout de suite
à apprendre à l'aide de la cassette
vidéo puis nous (parents, grands-parents et
amis) avons fait un stage à l'ALPC, qui nous
a apporté une bonne approche de la communication
avec le LPC et des informations générales
sur la surdité.
Pour la langue des signes, nous nous sommes inscrits
à des cours à l'ARIS, à raison
de deux heures par semaine, ce qui était aussi
un vrai moment de plaisir et de bonne humeur.
Quant à Marie, nous avons décidé
de l'inscrire au CEOP pour lui offrir toutes les possibilités
de communication (LPC et LSF); notre projet était
cependant en priorité oraliste.
Aujourd'hui, nous voulons vous apporter notre témoignage
sur l'utilisation du LPC au quotidien avec un petit
enfant.
Pour les parents de grands enfants qui ont déjà
vécu tout cela, et dont l'exemple nous a encouragé
dans cette voie, ce témoignage ne sera pas
très utile, mais notre idée est de vous
remercier en vous montrant à quel point le
LPC a eu un impact formidable sur notre vie avec notre
petite fille sourde.
Pour les autres parents qui sont au début du
chemin, nous espérons que notre expérience
pourra vous apporter quelques idées et vous
confortera dans votre choix du LPC.
Lorsque nous avons commencé à utiliser
le LPC avec Marie, le plus difficile était
de capter son attention et de coder de manière
fluide et correcte. Nous essayions de coder le plus
souvent possible, mais le plus efficace, c'était
quand Marie était "captive", dans
sa chaise haute, dans son lit ou encore dans la voiture.
Nous lui codions d'abord des petites phrases simples
que l'on répétait souvent (A table!
C'est bon! C'est chaud! Fais dodo...) ainsi que des
onomatopées.
Puis, au fur et à mesure que nous commencions
à savoir coder, nous rajoutions quelques mots.
Nous faisions aussi des petits jeux rituels comme:
"Où est ton nez?", "Où
est le nez de maman?" et le regard de notre petite
fille était bien sur notre visage. Nous faisions
également des chansons à gestes, comme
"Un grand cerf", trois à quatre fois
de suite, en alternant version geste, version code
et
puis nous employions des mots rituels au réveil
et au coucher. Nous nous disions que ça devait
"imprimer".
Au fil du temps, notre code s'améliorait mais
nous n'étions pas sûr de ce qu'elle comprenait.
Puis le premier signe de compréhension est
apparu. Un jour nous faisions des courses et son père
s'était éloigné; je lui ai demandé
:"Où est Papa?", elle s'est alors
tourné vers lui et l'a montré du doigt
sans hésiter. Nous avons alors recommencé
avec les autres membres de la famille et cela "marchait"
aussi ! . Nous avions enfin la preuve qu'elle nous
comprenait, que le message commençait à
passer. Lorsqu'elle s'est mise à marcher, elle
a pu nous montrer encore mieux qu'elle nous comprenait.
Nous lui demandions d'aller chercher sa couche ou
son doudou et elle y allait, à notre grand
bonheur. Nous avons continué ainsi à
coder et à associer des gestes notamment pour
les mots nouveaux.
Au bout d'un an, nous avons participé au stage
d'été organisé chaque année
par l'ALPC et nous avons passé un moment formidable.
Nous avons pu rencontrer de nombreux parents et d'autres
enfants sourds. Nous avons pu voir que lorsqu'on leur
parlait en codant, les plus grands nous répondaient.
C'était un moment super.
Nous étions ensuite en vacances au bord de
la mer, et sur la plage, Marie n'avait pas bien sûr
ses appareils; le code devenait donc indispensable.
Nous avons ainsi expérimenté avec Marie
l'efficacité du code "pur" sans même
l'aide de l'audition. Et à notre grande joie,
nous constations que notre petite fille nous comprenait.
Nous lui codions :"Marie, tu viens faire des
patés?" et elle nous regardait en reprenant
:"Patééé!!??".
A notre retour de vacances, Marie a fréquenté
le CEOP de manière plus intensive (quatre fois
par semaine). Nous codions de plus en plus et de manière
plus fluide mais nous n'étions pas capables
pour autant de coder tout, tout le temps. Parfois,
nous n'utilisions pas le code pour conserver l'intonation
et Marie nous comprenait car elle a de bons restes
auditifs. Nous codions pour toutes les occasions de
la vie courante, pour les jeux, les histoires. Pour
contourner la difficulté pratique de l'histoire
codée, avec le livre à lire à
l'envers, je lui racontais chaque soir "l'histoire
de la petite Marie" qui reprenait ses aventures
de la journée ou son programme du lendemain.
C'était pour elle un moment privilégié
de communication codée, qu'elle recevait indifféremment
avec ou sans ses appareils. Nous lui chantions - à
sa demande- de plus en plus de chansons comme "Petit
papa Noël" (tous les soirs de décembre
à juillet !)
Un jour, Marie me dit: "Tu
me chantes la chanson du petit Blaireau". Intriguée,
je finis par réaliser qu'elle avait mélangé
l'histoire du petit blaireau et la chanson "Mon
ami Pierrot" que je venais de lui faire découvrir
! Le code m'a alors permis de clarifier les choses...
Malgré ces petites confusions, Marie progressait
grâce au LPC qui l'aidait à améliorer
son expression. Elle est passée de "Maman
veut?" à "Maman Tu veux?" puis
"Tu en veux?". Je lui codais "Marie,
tu, tu ,tu veux?" et elle rigolait tout en intégrant
progressivement la structure correcte. Elle est de
même passée de "Maman, tu fais?"
à "Maman, qu'est-ce que tu fais?"
Son vocabulaire s'est enrichi de plus en plus, elle
a appris à dire des mots nouveaux comme "trottinette",ou
des mots compliqués comme "automobiliste"
ou "explorateur" qui sont passés
par divers stades intermédiaires. Ses essais
de nouveautés parfois malencontreux (j'ai vu
la "pyradine" du Louvres, je suis montée
dans "l'aquarium" derrière le poney)
pouvaient sans peine être corrigés, sans
que cela ne soit une corvée car nous pouvions
lui présenter la prononciation de manière
claire et ludique grâce au code.
Nous avons aussi poursuivi l'utilisation du LPC sans
la voix. Nous le faisions à certains moments
comme celui du bain, avec les mêmes rituels
qu'au début: "Où est ton canard,
où est ton pied?"
et cela marchait
très bien. Nous pouvions tout lui faire comprendre,
parfois elle reprenait même des mots inconnus
presque correctement.
Puis Marie a fait plusieurs otites qui l'ont empêché
de porter ses appareils et l'intérêt
du code s'est révélé encore plus
clairement, notamment pour ses grands parents, qui
réussissaient habituellement à se faire
comprendre sans coder. Sans le code la communication
passait mal, avec le code, c'était limpide,
et pour nous qui codions sans difficultés,
l'absence des appareils devenait tout à fait
invisible!
Nous avons encore pu confirmer l'apport du code par
rapport à la lecture labiale pure en jouant
avec Marie dans son bain. Si nous utilisions les même
phrases connues, dans le contexte attendu sans coder
"Où est ton bateau, ton dauphin?..."
Marie très attentive répondait fièrement
sans se tromper, mais si tout à coup nous changions
de sujet : "Marie, tu rinces tes cheveux?"
Alors notre petite fille ouvrait de grands yeux en
disant "Quoi; Maman?!" puis nous codions
et la compréhensions devenait immédiate.
De même, par rapport à la lecture labiale
plus audition, ou à l'audition pure, quand
nous parlons trop vite sans coder, ou que quelqu'un
a dit quelque chose qu'elle n'a pas compris, Marie
nous dit "Quoi, Papa? Quoi Maman? et nous codons
et elle répond :"Ah, oui...", satisfaite.
En conclusion, je dirais que nous sommes complètement
convaincus de l'utilité et de l'efficacité
du LPC même pour des enfants qui ont de bons
restes auditifs, et même si nous entendons souvent
dire au sujet de notre petite fille qu'on n'aurait
jamais deviné qu'elle était sourde.
Nous ne lui ferons donc pas ce faux cadeau de la considérer
comme une petite fille entendante et de ne plus coder...
Au contraire, nous continuons ... et remercions encore
tous ceux qui nous ont aidé à découvrir
le LPC.
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(Ce
témoignage a été présenté
lors de l'assemblée générale
de l'ALPC le 6 octobre 2001)
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